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28.04.2008

Jean-Marie Le Pen lâché par le Front

En terme judiciaire, cela s'appelle de la récidive. Jean-Marie Le Pen, président du Front national, a réitéré ses propos sur les chambres à gaz, les qualifiant de "détail" de l'histoire. La première fois, c'était il y a 21 ans, devant le Grand Jury RTL-Le Monde.

 

Cette fois, c'est dans Bretons, magazine jusqu'alors inconnu, et qui s'offre par la  même occasion une belle exposition médiatique. L'entretien, mené le 4 avril dernier à Montretout, la demeure des Le Pen, est réalisé par le rédacteur en chef du magazine,  Didier Le Corre et par  un autre journaliste, Tugdual Denis. Le Pen accepte très vite de les recevoir. Le but des journalistes est simple : faire réagir le président du Front national sur le manque d'adhésion des Bretons  aux idées du Front, alors que Jean-Marie Le Pen claironne à qui veut l'entendre qu'il a des origines  bretonnes.

 

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Tugdual Denis : "On n'était pas du tout partis dans l'idée de le faire parler de la Seconde Guerre mondiale. C'est lui-même, tout seul, au moment où on lui faisait remarquer que s'il avait été boycotté dans les médias, c'était peut-être parce qu'il avait eu quelques écarts de langage, qu'il a réitéré ses propos sur le détail de l'histoire à propos des chambres à gaz. "

 

Extrait: 

Est-ce que le Front national fait moins peur, aujourd’hui ?

Mais pourquoi fait-il peur ? Parce que les gens qui étaient en place criaient : "Au loup, au loup!" Qu'est-ce qui justifie la réputation diabolique du Front National?


Peut-être les écarts de langage que vous avez eus ?

Quels écarts de langage ? En cinquante ans, j'aurais eu un écart de langage ?


Vous voulez dire que le ratio n’est pas important par rapport à tout ce que vous avez pu dire ?

C'est le sujet qui est important, je crois. J'aurais parlé, même de très loin, du génocide vendéen, personne n'aurait été choqué. J'ai dit que les chambres à gaz étaient un détail de l'histoire de la seconde guerre mondiale : ça me paraît tellement évident. Si ce n'est pas un détail, c'est l'ensemble. C'est toute la guerre mondiale alors.

 

Le Point nous apprend également qu'Alain Vizier, le responsable de la communication de Jean-Marie Le Pen a assisté à l'entretien, que le président du Front lui-même a relu les propos. Mais le plus surprenant, c'est qu'il a exigé de faire la une du magazine, ce que les journalistes ont refusé d'accorder. Le Pen a alors envoyé une lettre recommandée, expliquant qu'en "désaccord sur les conditions de parution, [il leur] exprime [son] refus de voir publier cette interview." Le Front national rappelle d'ailleurs sur son site par un communiqué (dont l'adresse url est communique_detail) l'envoit de cette lettre.

 

Les réactions.
424124309.jpg La nouveauté, c'est que cette fois, Le Pen est lâché. En marge d'une manifestation contre la régularisation des sans papiers, Marine Le Pen, vice-présidente du Front, qui avait déjà désapprouvé les écarts de langage de son père, s'en dinstingue à nouveau : "Je ne partage pas la vision que mon père a de la Seconde Guerre mondiale. J'ai une vision différente tout simplement. Voilà je le dit très tranquilement. Il semble attaché à sa liberté de parole mais il en connaît les dangers."

 

 

 

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Ce n'est pas tout. Car Louis Aliot, secrétaire général du parti et proche de Marine condamne également. "Les propos de Jean-Marie Le Pen n'engagent pas le Front national, explique-t-il. Ils ne constituent en aucun cas une ligne politique". Louis Aliot évoque même "un certain trouble dans nos rangs  militants". C'est un fait, depuis quelques mois, Jean-Marie Le Pen rencontre de plus en plus de désaprobation au sein de son parti. Mais jusqu'alors, toute phrase publiquement exprimée valait à son auteur une suspension, voire une exclusion du parti. C'est ici les plus hautes instances qui s'expriment. Louis Aliot précise tout de même : "Cela n'enlève rien à la confiance, l'estime, la considération et le respect que nous portons à Jean-Marie Le Pen." Il n'empèche, le mal est fait. Le chef n'est plus incontesté.

Le site d'extrème droite Novopress, proche des Identitaires, se plait à publier les réactions de membres du Front en désaccord avec les propos de Jean-Marie Le Pen. Ainsi Patrick Le Guillou, secrétaire départemantal du FN d'Ile-et-Vilaine, département Breton. Ainsi Louis-Armand de Béjarry, secrétaire départemental du Front en Loire-Atlantique et ancien responsable du FNJ.

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