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30.04.2008

Rome s'offre un maire néo-fascite

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Par le feu 

Gianni Alemanno a signé son premier fait d'arme par le feu. Un cocktail Molotov, lancé en 1982 contre l'amabassade d'URSS à Rome. Huit mois de prison. Gianni Alemanno, c'est surtout le membre du parti néo-fascite, le Mouvement social italien (MSI), dont il a été le secrétaire national du Front de la jeunesse de 1988 à 1991. Le symbole de ce parti a un petit air de déjà vu.

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Gianni Alemanno entre à la Chambre des députés en 1994 sous l'étiquette Alliance nationale. Il devient ministre de l'Agriculture (2001-2006) dans le gouvernement de Silvio Berlusconi. Il devient vice-président d'Alliance nationale, le parti de Gianfranco Fini, en 2004.

Gianni Alemanno est maintenant maire de Rome.

 

Au cours de la campagne 2008, il a, après avoir tergiversé, refusé le soutien de La Destra, parti se réclamant du fascisme, notamment en raison des vives protestations de la communauté juive.

La Destra est elle-même alliée au Mouvement social - Flamme tricolore, dont voici une petite présentation vidéo. 

 

Le 17 avril, entre les deux tours, Gianni Alemanno s'était rendu à Paris  pour rencontrer Christian Blanc, secrétaire d'Etat chargé du Développement de la région capitale (Paris), et Brice Hortefeux, ministre de l'Immigration, avec le projet «de créer une alliance sur les problèmes d'immigration». Brice Hortefeux, ancien d'Occident, a du apprécier.

 «Mon souhait est que la présidence française de l'Union européenne puisse être l'occasion de mettre en place une lutte commune contre l'immigration clandestine, notamment en ce qui concerne la question des nomades», avait alors déclaré Alemanno.
 «Nous devons redevenir maîtres chez nous», a-t-il martelé dans son spot électoral, dénonçant les quelque 20 000 «immigrés et clandestins» qui, selon lui, ont «commis des délits et continuent de vivre à Rome» et qu'il s'engage à expulser. La question sécuritaire a été au coeur du discours de Gianni Alemanno qui n'a pas hésité à exploiter le viol d'une étudiante, attribué à un Roumain et largement médiatisé, pour accuser la gauche d'avoir négligé la sécurité dans la ville et sa périphérie.

29.04.2008

Europe : l'amendement Dupont-Aignan

A la moindre prononciation du mot "Europe", Nicolas Dupont-Aignan bondit. La dernière fois qu'il a été prononcé de manière très officielle par les hautes sphères de la République, ce fut par Nicolas Sarkozy, lors de son intervention télévisée de jeudi dernier.

Horreur de damnation !  Les souvrainistes en prennent pour leur référendum. Le chef de l'Etat souhaite tout simplement en effacer le principe obligatoire pour toute nouvelle entrée de pays dans l'Union européenne.

Mais Nicolas est là. L'autre, entendons-nous. Le président de Debout la République, par ailleurs député non-inscrit à l'Assemblée nationale a annoncé lundi qu'il allait déposer un amendement pour "maintenir l'obligation référendaire" pour tous les pays de plus de 10 millions d'habitants candidats à l'adhésion à l'Union européenne.

Selon lui, les Français, "très majoritairement opposés à la perspective de l'adhésion turque, ne pourront que ressentir de l'inquiétude face à ces déclarations qui ne garantissent en rien l'organisation effective d'un  référendum le moment venu".

Nicolas Dupont-Aignan explique que "ce seuil démographique, bien plus rigoureux que toute référence à une Europe géographique aux contours incertains, empêchera l'entrée sans vote populaire de pays dont la population ou la localisation géographique bouleverseraient la nature et l'équilibre des pouvoirs de l'Union européenne".

Le seuil démographique. Bonne trouvaille pour éviter de se faire taxer de raciste, d'islamophobe ou de turcophobe. Aucune référence culturelle. Rien que du chiffre, du chiffre, du chiffre. Prochain épisode lors l'intégration de la Bosnie, de l'Albanie ou du Kosovo. Un seul à 10 000 habitants?

28.04.2008

Jean-Marie Le Pen lâché par le Front

En terme judiciaire, cela s'appelle de la récidive. Jean-Marie Le Pen, président du Front national, a réitéré ses propos sur les chambres à gaz, les qualifiant de "détail" de l'histoire. La première fois, c'était il y a 21 ans, devant le Grand Jury RTL-Le Monde.

 

Cette fois, c'est dans Bretons, magazine jusqu'alors inconnu, et qui s'offre par la  même occasion une belle exposition médiatique. L'entretien, mené le 4 avril dernier à Montretout, la demeure des Le Pen, est réalisé par le rédacteur en chef du magazine,  Didier Le Corre et par  un autre journaliste, Tugdual Denis. Le Pen accepte très vite de les recevoir. Le but des journalistes est simple : faire réagir le président du Front national sur le manque d'adhésion des Bretons  aux idées du Front, alors que Jean-Marie Le Pen claironne à qui veut l'entendre qu'il a des origines  bretonnes.

 

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Tugdual Denis : "On n'était pas du tout partis dans l'idée de le faire parler de la Seconde Guerre mondiale. C'est lui-même, tout seul, au moment où on lui faisait remarquer que s'il avait été boycotté dans les médias, c'était peut-être parce qu'il avait eu quelques écarts de langage, qu'il a réitéré ses propos sur le détail de l'histoire à propos des chambres à gaz. "

 

Extrait: 

Est-ce que le Front national fait moins peur, aujourd’hui ?

Mais pourquoi fait-il peur ? Parce que les gens qui étaient en place criaient : "Au loup, au loup!" Qu'est-ce qui justifie la réputation diabolique du Front National?


Peut-être les écarts de langage que vous avez eus ?

Quels écarts de langage ? En cinquante ans, j'aurais eu un écart de langage ?


Vous voulez dire que le ratio n’est pas important par rapport à tout ce que vous avez pu dire ?

C'est le sujet qui est important, je crois. J'aurais parlé, même de très loin, du génocide vendéen, personne n'aurait été choqué. J'ai dit que les chambres à gaz étaient un détail de l'histoire de la seconde guerre mondiale : ça me paraît tellement évident. Si ce n'est pas un détail, c'est l'ensemble. C'est toute la guerre mondiale alors.

 

Le Point nous apprend également qu'Alain Vizier, le responsable de la communication de Jean-Marie Le Pen a assisté à l'entretien, que le président du Front lui-même a relu les propos. Mais le plus surprenant, c'est qu'il a exigé de faire la une du magazine, ce que les journalistes ont refusé d'accorder. Le Pen a alors envoyé une lettre recommandée, expliquant qu'en "désaccord sur les conditions de parution, [il leur] exprime [son] refus de voir publier cette interview." Le Front national rappelle d'ailleurs sur son site par un communiqué (dont l'adresse url est communique_detail) l'envoit de cette lettre.

 

Les réactions.
424124309.jpg La nouveauté, c'est que cette fois, Le Pen est lâché. En marge d'une manifestation contre la régularisation des sans papiers, Marine Le Pen, vice-présidente du Front, qui avait déjà désapprouvé les écarts de langage de son père, s'en dinstingue à nouveau : "Je ne partage pas la vision que mon père a de la Seconde Guerre mondiale. J'ai une vision différente tout simplement. Voilà je le dit très tranquilement. Il semble attaché à sa liberté de parole mais il en connaît les dangers."

 

 

 

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Ce n'est pas tout. Car Louis Aliot, secrétaire général du parti et proche de Marine condamne également. "Les propos de Jean-Marie Le Pen n'engagent pas le Front national, explique-t-il. Ils ne constituent en aucun cas une ligne politique". Louis Aliot évoque même "un certain trouble dans nos rangs  militants". C'est un fait, depuis quelques mois, Jean-Marie Le Pen rencontre de plus en plus de désaprobation au sein de son parti. Mais jusqu'alors, toute phrase publiquement exprimée valait à son auteur une suspension, voire une exclusion du parti. C'est ici les plus hautes instances qui s'expriment. Louis Aliot précise tout de même : "Cela n'enlève rien à la confiance, l'estime, la considération et le respect que nous portons à Jean-Marie Le Pen." Il n'empèche, le mal est fait. Le chef n'est plus incontesté.

Le site d'extrème droite Novopress, proche des Identitaires, se plait à publier les réactions de membres du Front en désaccord avec les propos de Jean-Marie Le Pen. Ainsi Patrick Le Guillou, secrétaire départemantal du FN d'Ile-et-Vilaine, département Breton. Ainsi Louis-Armand de Béjarry, secrétaire départemental du Front en Loire-Atlantique et ancien responsable du FNJ.

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